6 décembre 2019

L’environnement au féminin pluriel

3 min

Plus d’une quarantaine de femmes se sont réunies le 3 décembre dernier à l’occasion du premier 5 à 7 du Réseau des Femmes en environnement dans la région de l’Outaouais. L’objectif ? Réseauter, mais aussi discuter des enjeux spécifiques aux femmes qui défendent la cause environnementale.

« J’œuvre dans un domaine qui est très masculin et tous les jours, je ressens la pression de devoir démontrer davantage ma crédibilité. Je dois travailler plus fort et plus dur que mes homologues masculins en transport durable », a indiqué Marion Maurin, directrice générale de MOBI-O.

D’après Myriam Nadeau, l’une des trois conseillères municipales présentes à titre de panélistes, la défense de valeurs environnementales au sein d’un groupe ou d’une table de travail est perçue de manière différente selon le sexe de l’interlocuteur.

« Dans un débat, quand une femme prend position en faveur de la planète, elle a tendance à être perçue comme étant ignorante de l’aspect économique lié au sujet discuté », a souligné Myriam. « Pourtant, les connaissances et les compétences d’un individu n’ont rien à voir avec son sexe. C’est une construction sociale la manière dont on perçoit la crédibilité d’une personne — en fonction de son genre — lorsqu’elle défend l’environnement dans la sphère publique. »

Il n’y a pas seulement la société qui crée des inégalités entre les sexes ; les changements climatiques (CC) ont aussi des impacts différenciés sur l’être humain en raison de son genre. D’après une analyse présentée par Caroline Voyer, directrice du Réseau des femmes en environnement, la gente féminine est plus vulnérable aux conséquences des CC à plusieurs égards. Par exemple, en raison de leurs responsabilités, les femmes vivent un stress plus important que les hommes lors de catastrophes naturelles. Le stress prénatal de femmes enceintes vécu lors de la crise du verglas de 1998 a d’ailleurs causé une mortalité périnatale élevée, ainsi que des différences de développement psychomoteur et des troubles de comportement des enfants nés lors de cette période*.

Bien que ces problèmes requièrent des changements sociétaux importants et de longue haleine, comment les femmes peuvent-elles surmonter quotidiennement certains de ces enjeux dès maintenant ?

« Il ne faut pas hésiter à user de stratégies et aller chercher des alliés masculins prêts à défendre la cause à nos côtés ou prêts à jouer un rôle spécifique auprès de certains groupes d’intérêts », suggère Myriam. Les femmes peuvent rallier et convaincre ; elles doivent aussi utiliser leur esprit stratégique afin de mobiliser le plus grand nombre.

Marion promeut le travail en amont. « En me préparant très bien avant chaque rencontre. Je prends connaissance de tous les documents, j’effectue des recherches supplémentaires et je prépare mes interventions avec rigueur. La plupart de mes collègues ne sont pas aussi bien préparés que moi » a-t-elle mentionné. « C’est comme cela que je réussis à prendre ma place et à bâtir mon réseau. »

Faire tout cela requiert beaucoup de temps, d’énergie et d’efforts, et cela, Marion ne s’en cache pas. Elle espère, tout comme ses consœurs, poursuivre la discussion afin de trouver des pistes de solutions pouvant s’insérer au sein de plans régionaux en environnement.

Une prochaine activité à cet égard est d’ailleurs en cours de planification. Suivez la page Facebook du Réseau des femmes en environnement pour rester informée !

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À propos du Réseau des femmes en environnement

Fondé en 1999, le Réseau des femmes en environnement a pour mission de créer et promouvoir des actions novatrices et de fournir un espace de dialogue aux femmes afin d’améliorer la qualité de l’environnement, la santé et le bien-être. Il offre une multitude d’activités à ses membres et une expertise-conseil en développement durable. Pour en savoir plus >>

*Découvrez l’analyse du RFE ici